La sortie en rente viagère consiste à convertir tout ou partie du capital d’une assurance-vie en un revenu versé jusqu’au décès. La décision est irréversible : le capital converti n’est plus récupérable. Le montant de la rente dépend du capital converti, de l’âge au moment de la conversion et des options choisies (réversion, par exemple). Fiscalement, la rente relève du régime des rentes viagères à titre onéreux : seule une fraction est soumise à l’impôt sur le revenu, fixée une fois pour toutes selon l’âge au premier versement (70 %, 50 %, 40 % ou 30 %).

Le principe

La finance pour tous décrit la conversion comme irréversible : l’assuré « ne peut revenir sur sa décision ». En échange du capital, l’assureur s’engage à verser une rente à vie. Le montant dépend :

  • du capital présent sur le contrat au moment de la conversion ;
  • de l’âge de l’assuré à ce moment ;
  • des paramètres de calcul retenus par l’assureur (tables de mortalité, taux technique), à demander avant toute décision ;
  • des options choisies.

Réversion. La rente peut être reversée, après le décès, à une personne désignée (souvent le conjoint). Cette option réduit le montant de la rente initiale, puisqu’elle a vocation à être versée plus longtemps.

Le capital converti en rente ne sera plus transmis aux bénéficiaires de la clause : il faut en tenir compte dans l’organisation de la transmission.

Imposition de la rente : le régime des rentes viagères à titre onéreux

La brochure pratique de l’impôt sur le revenu 2026 range parmi les rentes viagères à titre onéreux « les rentes constituées auprès de compagnies d’assurances moyennant le versement d’un capital en espèces ». L’article 158-6 du CGI, commenté par le BOFiP (BOI-RSA-PENS-30-20, § 1), ne soumet à l’impôt qu’une fraction de la rente :

Âge du bénéficiaire à l’entrée en jouissance de la rente Fraction imposable
Moins de 50 ans 70 %
De 50 à 59 ans inclus 50 %
De 60 à 69 ans inclus 40 %
À partir de 70 ans 30 %

Le BOFiP (§ 40 et 50) précise que l’âge retenu est celui du crédirentier au jour de l’entrée en service de la rente, et non son âge l’année de l’imposition : la fraction est fixée la première année et reste la même ensuite. Des règles particulières s’appliquent aux rentes versées à plusieurs personnes et aux rentes réversibles (§ 60 et 70).

Déclaration. Service-Public.fr indique qu’il faut déclarer le montant brut des rentes perçues ; l’administration applique la fraction imposable. La brochure 2026 désigne les lignes 1AW à 1DW de la déclaration. Ces rentes donnent lieu à l’acompte du prélèvement à la source calculé par l’administration.

Prélèvements sociaux. La finance pour tous indique qu’ils portent sur la seule fraction imposable de la rente. Le taux applicable à ces rentes depuis la hausse de 2026 n’a pas été confirmé sur une source officielle à la date de revue : il est à vérifier auprès de l’assureur ou dans votre avis d’impôt. Voir prélèvements sociaux : taux 2026.

Exemple hypothétique

Exemple hypothétique, montant de rente supposé, sans valeur de prévision. Une personne convertit son capital en rente et perçoit le premier versement à 66 ans. La rente annuelle est de 3 000 €.

  1. Âge à l’entrée en jouissance : 66 ans, tranche de 60 à 69 ans.
  2. Fraction imposable : 40 %.
  3. Montant soumis au barème de l’impôt sur le revenu : 3 000 x 40 % = 1 200 € par an.
  4. Montant non imposable : 3 000 - 1 200 = 1 800 € par an.

Si la même rente avait commencé à 70 ans, la fraction imposable aurait été de 3 000 x 30 % = 900 €. Le montant de la rente lui-même aurait toutefois été différent, puisqu’il dépend aussi de l’âge à la conversion.

Ce que ce guide ne tranche pas

Le traitement fiscal des produits accumulés dans le contrat au moment de la conversion du capital en rente n’est pas décrit dans les pages officielles consultées pour ce guide. Demandez à l’assureur comment il traite cette étape et quelles informations figureront sur l’IFU.

Alternatives à comparer

La rente n’est pas la seule façon de tirer un revenu d’une assurance-vie. Des rachats partiels programmés laissent le capital disponible et transmissible, mais sans garantie de durée : voir retraits réguliers à la retraite et le simulateur de retraits réguliers.

Questions à poser à votre assureur

  • Quel est le taux de conversion appliqué à mon âge, et sur quelles tables de mortalité et quel taux technique repose-t-il ?
  • Quelles options existent (réversion, annuités garanties) et quel est leur effet sur le montant ?
  • La rente est-elle revalorisée chaque année, et selon quelle règle ?
  • Puis-je convertir seulement une partie du capital ?
  • Comment la conversion est-elle traitée fiscalement, et quels montants figureront sur l’IFU ?
  • Quels frais s’appliquent aux arrérages ?

Limites de ce guide

Ce guide traite la rente viagère issue d’un contrat d’assurance-vie souscrit par un résident fiscal français. Il ne couvre pas les rentes de PER, les rentes-survie, ni la rente viagère issue d’une vente immobilière. Les règles d’âge pour les rentes réversibles sont à vérifier au cas par cas. Ce contenu est pédagogique, publié avec le statut « à relire », et ne constitue pas un conseil fiscal.

Fiscalité d’un rachatImpôt, acompte et prélèvements sociaux selon des règles datées.Retraits réguliersDurée du capital, rendement négatif et risque de séquence.Générateur de démarchesCourriers neutres de demande d’information ou de rachat.

Sources

  1. BOI-RSA-PENS-30-20 (version du 21 mai 2026) : rentes viagères à titre onéreux, BOFiP-Impôts (DGFiP), consulté le 9 octobre 2026
  2. Brochure pratique IR 2026 : pensions, retraites et rentes, rentes viagères à titre onéreux, impots.gouv.fr (DGFiP), consulté le 9 octobre 2026
  3. Impôt sur le revenu : déclaration des rentes viagères (F3173, vérifié le 15 avril 2026), Service-Public.fr (DILA), consulté le 9 octobre 2026
  4. L'assurance vie et la sortie en rente viagère (mis à jour le 28 juillet 2025), La finance pour tous (IEFP), consulté le 9 octobre 2026

Prochaine revue prévue le 9 avril 2027. Une erreur ? Signalez-la : chaque correction est datée.