Café de la Bourse vous fait (re)découvrir l’Investissement Socialement Responsable (ISR) sous toutes ses facettes. Critères, labels, poids de l’investissement responsable, performances de cette forme de finance engagée, supports d’investissement disponibles. Retrouvez tout ce qu’il faut savoir sur la finance responsable avant de se lancer.
Sommaire :

La finance responsable vise à asseoir la sélection de valeurs sur la base de critères non seulement financiers mais également extra-financiers. Ces critères sont classés au sein de trois catégories rassemblées sous l’appellation ESG : Environnement, Social, Gouvernance.
La finance responsable est née dans un environnement marqué par la conscience du tarissement prochain des ressources naturelles, de la nécessité de réduire l’empreinte de l’activité humaine sur la nature, de l’importance croissante des notions de bien-être et d’équilibre. Ces constats ont donné lieu à l’invention du concept de développement durable dans les années 1990.
Le développement durable se définit comme une forme de développement pérenne “qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs”. Cette citation est empruntée à Gro Harlem Brundtland, Premier Ministre norvégien en exercice lors du Sommet de la Terre qui s’est tenu à Rio en 1992.
Le développement durable se conçoit dans une optique large qui comprend trois dimensions essentielles : l’économie au sens strict, l’écologique et la dimension sociale. Seule une forme de développement prenant en compte ces trois aspects peut s’avérer durable ou “sustainable” en anglais.
Les métiers de l’investissement et de la gestion ont adapté cette notion aux enjeux de leur secteur afin de proposer une forme d’investissement qui soit, elle aussi, durable. Ils s’appuient notamment sur les objectifs de développement durable des Nations Unies. C’est ce qu’on appelle la finance responsable. Si l’aspect environnemental n’apparaît pas dans cette dénomination, il reste un pilier essentiel et souvent majoritaire, notamment en Allemagne, dans cette conception de l’investissement. Il est représenté par la lettre E dans l’abréviation ESG. Là encore, des textes internationaux donnent la marche à suivre. Ainsi, l’Accord de Paris dresse les grandes lignes des objectifs à atteindre en termes de protection de l’environnement.



La plupart des sociétés de gestion qui proposent à leur clientèle un fonds ISR sélectionnent les entreprises y figurant en excluant d’abord les secteurs controversés tels que jeux d’argent, tabac, armement, combustibles fossiles, etc. Les sociétés dont le siège social est situé dans un paradis fiscal en vue de faire baisser ses charges fiscales sont également exclues. Cependant, les sociétés de gestion ont une liste plus ou moins étendue des paradis fiscaux à éviter.
Enfin, entrent en scène les fameux critères ESG. En effet, afin de définir clairement les conditions à remplir pour qu’un investissement appartienne à la finance responsable, les professionnels de la finance ont défini trois familles de critères de sélection de valeurs réunis sous l’appellation ESG : environnement, social/sociétal et gouvernance.
Sous la bannière de l’environnement sont réunis des critères du type : consommation d’énergie, émission de gaz à effet de serre, stratégie environnementale, gestion de l’eau, etc.
Dans le pilier social/sociétal se rencontrent des critères tels que les relations clients/fournisseurs, la santé et la sécurité, la non-discrimination.
Enfin, la gouvernance comprend des critères relatifs à la rémunération, aux droits des actionnaires, à l’intégration des critères ESG.
Cela étant, chaque entité de gestion définit elle-même les critères qu’elle souhaite inclure dans sa grille d’analyse extra-financière. Ces critères peuvent également varier d’un secteur à l’autre et d’une classe d’actifs à une autre.
Afin de prendre en compte au mieux tous ces critères, les sociétés de gestion ont souvent recours à des sociétés spécialisées dans l’évaluation des critères ESG, comme Vigeo-eiris par exemple, une filiale de Moody’s. En plus, les sociétés peuvent aussi mettre en place leur propre cadre d’analyse qui viendront se substituer à une analyse externe ou la compléter.  Elles pourront procéder à leur propre audit et certaines, comme La Financière de l’Echiquier par exemple, rencontrent systématiquement les dirigeants d’une entreprise avant de faire figurer cette société au sein d’un fonds labellisé ISR.



Il existe différents labels qui permettent d’identifier les placements responsables et de garantir le caractère éthique et engagé de ces investissements. Le label ISR (pour Investissement Socialement Responsable) est sans doute le plus connu. Lancé par Michel Sapin en 2016, ce label public destiné à promouvoir l’investissement responsable auprès des investisseurs particuliers garantit que le placement labellisé respecte bien les critères ESG (pour Environnement, Social, Gouvernance). Le ministre de l’économie et des finances, au moment de sa création, a indiqué qu’il « favorise la lisibilité de l’ISR » auprès des épargnants et « donne du sens » à cette thématique. Les prétendants au label doivent afficher des « résultats mesurables » : ils sont ainsi appelés à démontrer que leur gestion ISR élimine un certain nombre d’investissements potentiels de leur portefeuille sur des critères sociaux ou environnementaux.
Le label ISR remplace le label Novethic. Son objectif : promouvoir l’investissement socialement responsable en France et en Europe auprès des épargnants individuels.
Son comité, installé officiellement en novembre 2016 à Bercy, est présidé par Nicole Notat, présidente de VigeoEiris et composé d’une quinzaine de personnalités.
Ce label est un véritable accélérateur du développement de l’investissement socialement responsable pour les particuliers. Les Français disposent désormais d’un outil pour faire le choix de placer leur argent de façon responsable et durable. Le label permet en effet d’identifier facilement des investissements favorisant le développement durable tout en visant le même rendement financier que des produits classiques.
Le 23 juillet 2020, un nouveau référentiel du label ISR a vu le jour. Il est entré en vigueur le 23 octobre 2020. Bercy stipule que « le cahier des charges du label a fait l’objet de plusieurs améliorations, visant à renforcer la transparence et le suivi des performances ESG, élargir le périmètre du label en rendant éligible les fonds professionnels, les mandats, ainsi que le secteur de l’investissement immobilier ». De quoi donner un nouvel essor à ce label déjà plébiscité par les institutionnels et, plus timidement, par le grand public.
Dans son sillage, d’autres labels, moins connus mais tout aussi intéressants, sont apparus.
Ces labels sont dispensés par des agences de notation telles Vigeo, Ethibel ou encore MSCI qui produisent notamment des analyses ISR, qu’elles vendent aux gestionnaires souhaitant compléter leur propre analyse ou bénéficier d’une expertise absente en interne.
On pourra aussi citer le label de l’ONU, qui a mis au point en 2006 les UN PRI (Principes pour l’Investissement Responsable des Nations Unies) dont les signataires s’engagent à respecter les principes suivants :
Ces Principes pour l’Investissement Responsable des Nations Unies, bien qu’ayant plus de 10 ans, continuent à séduire les sociétés de gestion à l’instar de Banque de Luxembourg Investments qui y a adhéré en avril 2018.
Ces labels peuvent concerner des entreprises, mais pas seulement. En effet, les entreprises ne sont pas les seules à faire l’objet d’une analyse extra-financière. Les États sont eux aussi passés au crible afin de déterminer s’ils sont des émetteurs de dette fiables et responsables. En effet, la finance responsable en général, et l’ISR en particulier, ne concerne pas seulement les actions mais aussi les obligations et même l’immobilier, secteur dans lequel l’ISR gagne du terrain et qui devrait être davantage couvert avec la nouvelle version du label.
Pour obtenir le label ISR, ou Investissement Socialement Responsable, un fonds doit d’abord faire réaliser un audit de labellisation du fonds par l’un des trois organismes accrédités par le COFRAC (organisme parapublic qui s’assure de la qualité des labellisateurs) : Afnor Certification, Deloitte, EY France. Cet audit basé sur la nature et la composition du portefeuille a pour but de vérifier si les critères d’éligibilité au label ISR sont remplis.
Si ceux-ci sont effectivement remplis, intervient alors la seconde étape : la vérification par l’organisme de certification que le fonds remplit les critères de labellisation via l’analyse des documents réglementaires, du relevé de portefeuille et du rapport de gestion du fonds ainsi que des entretiens avec les dirigeants du fonds. L’objectif est de vérifier le respect des 6 critères de labellisation suivants :
C’est ensuite seulement qu’a lieu ou non l’attribution du label ISR, à la suite de laquelle le fonds est inscrit sur une liste officielle du Ministère de l’Économie et des Finances qui recense tous les fonds labellisés investissement socialement responsable.
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D’après une étude AMF Opinionway Les Français et les placements responsables réalisée en juillet 2021 et publiée le 27 septembre 2021, 76 % des Français estiment que l’impact des placements sur l’environnement est important. Cela est particulièrement vrai chez les plus jeunes. Ainsi, la jeune génération est particulièrement sensible à l’ESG : 83 % des répondants connaissent ce domaine et les deux tiers des 18-34 ans veulent savoir si une entreprise correspond à leurs convictions sociales et morales avant d’y investir selon l’étude Workviva de juin 2021 intitulée « ESG et Transparence : les investisseurs demandent des informations et des données fiables ». Les Français, avec la pandémie, ont épargné des sommes records et souhaitent désormais donner du sens à leurs placements.
Cependant, force est de constater que, selon l’étude AMF Opinionway précédemment citée, seulement 17 % des Français déclarent « détenir au moins un placement responsable ou durable, dans le cadre d’une assurance-vie, d’un PEA ou compte-titres, d’un plan d’épargne salariale ou retraite ». Les marges de progression de la finance responsable sont donc encore très importantes et si les Français sont d’ores et déjà intéressées, c’est l’accessibilité à ce type de placement et la pédagogie qui doivent être renforcées. La même étude nous apprend en effet que 11 % seulement des sondés estiment bien connaître les caractéristiques des placements responsables et durables.
Le marché français de l’investissement responsable poursuit sa croissance. Il pesait en France en juin 2022 un peu plus de 645 milliards d’euros, contre 200 milliards d’euros en 2020 et seulement quelques dizaines de millions d’euros en 2005. Le label ISR a donc gagné du terrain ces dernières années. En septembre 2022, plus de 1 070 fonds estampillés ISR (hors épargne salariale) étaient commercialisés contre 624 en 2021, 146 à fin 2018 et 96 fin 2017, avec une augmentation considérable des encours. On compte également 88 fonds labellisés Greenfin contre 56 en 2021. Il faut dire que les recommandations de l’AMF, qui considère que les fonds se réclamant de l’ISR doivent obtenir le label, ont participé au mouvement de labellisation des fonds éligibles. On soulignera également que la loi Pacte a obligé les assureurs à proposer une unité de compte (UC) labellisée ISR dans l’assurance-vie dès 2020. Et en 2022, deux solutions supplémentaires ont été ajoutées : une UC solidaire et une UC verte, labellisée Greenfin.
Au niveau européen, selon les dernières publications Market Data de Novethic du 31 décembre 2021, on atteint 1 330 milliards d’encours pour les fonds labellisés de la finance durable, un record avec une progression de 90 % sur un an, une dynamique portée notamment par la loi Pacte en France et par la création du référentiel belge Towards Sustainability ainsi que l’émergence d’autres labels en Europe.
La crise économique à laquelle la France et avec elle l’Union Européenne est confrontée n’a pas éloigné les investisseurs, particuliers comme institutionnels, de la finance responsable. On aurait pu redouter que la forte inflation et les menaces de récession ne conduisent les investisseurs à être plus regardants sur la seule performance et moins vigilants sur les critères extra-financiers mais il n’en est rien. Au contraire ! Les attentes à l’égard des sociétés en matière de développement durable ont plutôt augmenté si l’on en croit le sondage du FIR (Forum pour l’Investissement Responsable) réalisé par l’Ifop du 22 au 26 août 2022 sur les Français et la Finance responsable qui souligne que « six Français sur dix accordent de l’importance aux impacts environnementaux et sociaux dans leurs décisions de placement ».
À noter : il n’existe pas en France d’incitation fiscale à investir dans la finance responsable, tout du moins pour l’instant. L’investissement responsable est donc avant tout un choix fondé sur ses convictions personnelles.



La question de la performance de l’ISR comparée à celle des fonds traditionnels se pose depuis le début.
L’ISR est-il un facteur de sur ou de sous performance ? Si la comparaison de tous les produits qui revendiquent cette étiquette est difficile, il est aujourd’hui admis que la prise en compte de critères extra-financiers réduit les risques (de réputation, de réglementation, etc.) tout en ne compromettant pas les performances, bien au contraire.
L’objectif de l’intégration de critères extra-financiers dans l’analyse et la sélection de valeurs est d’identifier une gamme plus large de risques potentiels afin de s’en prémunir. Plus une entreprise prend en compte l’ensemble de ces critères, moins elle risque de subir les risques qui s’y trouvent associés, ce qui représente un atout – un meilleur espoir de rendement – pour l’investisseur.
Notez en outre, que les entreprises attentives à la consommation de leurs ressources et qui entretiennent de bonnes relations tant avec leurs fournisseurs qu’avec leurs collaborateurs sont aussi celles qui ont le plus de chances de se développer. Les bonnes intentions ne sont donc pas incompatibles avec les intérêts financiers, au contraire.
Il est aberrant de vouloir connaître la rentabilité des fonds ISR dans la mesure où les fonds de l’investissement socialement responsable sont très nombreux et affichent un rendement très variable selon le marché auquel ils appartiennent, le type d’actifs sur lesquels ils sont investis, le secteur d’activité concerné, la zone géographique concernée, etc. Il est plus judicieux de comparer ce qui est comparable et donc de comparer la performance d’un fonds ISR avec un fonds équivalent qui ne le serait pas. Et comme nous l’avons vu précédemment, le constat est sans appel : la prise en compte des critères ESG constitue un facteur de surperformance.
C’est ce que montre une étude de l’UNEP-FI (Initiative Finance du Programme des Nations-Unies pour l’Environnement) intitulée « Demystifying Responsible Investment Performance » publiée en octobre 2007, en collaboration avec le cabinet Mercer, qui en a publié une version actualisée en novembre 2009.
Depuis, les sociétés de gestion proposant des fonds ISR ont pu essayer de mesurer la performance de l’investissement responsable par rapport à l’investissement traditionnel et toutes s’accordent à constater une surperformance de l’ISR. On peut notamment se pencher sur l’exemple de l’évolution de l’indice ISR Ecofi par rapport à son indice de référence. On retiendra également que les sociétés qui ont à cœur de prendre en considération les critères ESG sont aussi les plus résilientes en période de crise.



La finance responsable a de beaux jours devant elle. Elle séduit les investisseurs et voit ses encours se multiplier en même temps que de nouveaux labels sont créés. Pourtant, il ne faudrait pas oublier les difficultés rencontrées par la finance durable. Si elle remporte l’adhésion, cela ne se traduit pas encore totalement dans les chiffres. Un effort de pédagogie est à faire afin de flécher l’épargne des Français vers ce type d’investissement. Soulignons que selon l’étude IFOP réalisée du 22 au 26 août 2022 pour le Forum pour l’Investissement Responsable sur les Français et la Finance responsable « 65 % des Français n’ont jamais entendu parler d’ISR » et « près de 9 Français sur dix n’ont jamais investi dans un fonds ISR ». C’est dire la marge de manœuvre qui existe encore en matière d’investissement socialement responsable !
Ensuite, il existe un réel problème d’opacité avec une multiplication de labels et de critères qui n’aident pas l’épargnant à s’y retrouver dans la jungle de la finance responsable mais aussi et surtout qui entretient la confusion et fait naître des soupçons de greenwashing, plus ou moins fondés, mais qui mettent à mal le caractère éthique de ces placements. Pictet Asset Management, pionnier en matière de fonds thématiques et qui propose de nombreux fonds labellisés ISR se montre réaliste et pragmatique quant à la situation : « Les gérants de fonds déploient des trésors d’ingéniosité et de marketing pour convaincre les épargnants que leurs stratégies d’investissement lavent plus blanc, mais surtout, plus vert et plus social. Pourtant, ils ne consacrent pas tous les mêmes moyens à leur gestion ESG. Ils n’ont pas tous les mêmes exigences, ni les mêmes grilles d’évaluation. » explique Hervé Thiard, directeur général de Pictet Asset Management France dans un communiqué de presse publié en avril 2021. Toutefois, la situation est en train de changer avec la « sustainable finance disclosure regulation » (SFDR). Ce texte européen définit trois grandes classes de fonds responsables : article 6 (ces fonds utilisent les critères ESG dans la sélection de valeurs), article 8 (ces fonds se concentrent sur les entreprises aux meilleures qualités environnementales ou sociales) et article 9 (ces fonds affichent la volonté d’avoir un réel impact sur les sphères sociales ou environnementales).



Investir dans la finance responsable est désormais possible au travers de très nombreux placements. L’offre ne cesse en effet de s’accroître.
Certains livrets bancaires affichent l’un des labels de la finance responsable. Les banques mutualistes se sont fait une spécialité des offres dans ce domaine et proposent notamment à leurs clients des solutions d’épargne de partage. Par exemple, les intérêts du livret Agir du Crédit Coopératif sont reversés pour moitié au détenteur du livret et pour moitié à une association partenaire choisie par ce dernier.
Mais le moyen le plus répandu d’investir dans la finance responsable est sans aucun doute l’investissement dans un fonds spécialisé, possédant l’un des labels précédemment évoqués. Les fonds, en effet, se prêtent bien à ce type d’investissement et l’intérêt croissant des gestionnaires pour la prise en compte de critères extra-financiers n’a rien d’anormal : le rôle de l’investisseur n’est-il pas de rechercher des investissements durablement rentables ?
L’horizon de placement moyen d’un fonds actions est certes d’environ 5 ans, mais les supports au sein desquels sont logés ces fonds présentent une durée de vie très supérieure, qui cadre parfaitement avec une vision long terme, durable, de l’investissement.
Sachez que le fonds d’investissement de type OPCVM n’est pas le seul à pouvoir revendiquer son appartenance à la finance durable. C’est aussi le cas de certains fonds euros garantis en capital. De fait, la finance responsable ne se cantonne pas aux unités de compte de votre contrat assurance-vie. Vous pouvez aussi investir dans la finance responsable depuis le fonds euros d’une assurance-vie. Par exemple, le fonds en euros du contrat d’Assurance-Vie Responsable et Solidaire de la MAIF a reçu en 2020 la labellisation Finansol.
Il est également possible d’investir dans la finance durable sur le marché obligataire. Les greens bonds ou obligations vertes sont des titres de créance émis par des entreprises, des organisations internationales ou des collectivité locales ou même des États sur les marchés financiers pour financer un projet ou une activité à bénéfice environnemental. Ce segment de l’investissement socialement responsable s’est stabilisé en 2022 après des années de croissance record. En cause : des règles plus strictes et l’envolée des cours de l’énergie qui a tendance à reléguer à l’arrière-plan le soutien aux énergies renouvelables.
Il est désormais possible d’investir dans des ETF labellisés ISR. Émis par des banques ou sociétés d’investissement, comme Lyxor ou BlackRock par exemple, ces fonds indiciels répliquent la performance d’indices boursiers (panier de valeurs) prenant en compte les fameux critères ESG. Les ETF permettent ainsi d’investir facilement et simplement, à moindre coût, dans des sociétés ayant à cœur les critères environnement, social et gouvernance.
Les fonds labellisés ISR sont le plus souvent des fonds actions mais l’offre de fonds immobiliers labellisés ISR se développe rapidement. Ces fonds immobiliers ISR s’attachent particulièrement aux critères environnementaux de performance énergétique mais aussi à des critères d’utilisation sociale des bâtiments.
L’investissement dans la finance responsable peut même se faire au travers de produits structurés. La Société Générale a en effet proposé en 2018 aux investisseurs particuliers, un produit structuré à composante caritative : Cristal Solidarité, premier produit structuré proposé par une banque privée dont la souscription donne lieu à une donation, par Société Générale, à des associations caritatives. Le produit a été rappelé par anticipation le 12 juillet 2021, le sous-jacent ayant clôturé au-dessus du niveau constaté au lancement du produit. En tout, Cristal Solidarité a généré plus de 680 000 euros de dons à des associations en France sur les thématiques de l’enfance, la santé et l’urgence humanitaire (170 000 euros au lancement, 510 000 euros de dons conditionnels).



Vous pouvez investir dans ces fonds et produits structurés, en direct, ou via les unités de compte d’un contrat d’assurance-vie, ou via un plan d’épargne entreprise (PEE), ou via un plan d’épargne retraite d’entreprise collectif (PERECO) ou encore via un plan épargne retraite (PER).
D’ailleurs, le marché de l’épargne retraite a profité de la refonte du PER d’octobre 2019 pour faire peau neuve et proposer de nombreuses options responsables, notamment l’accès à une offre de fonds labellisés ISR ou une option de gestion pilotée ESG, c’est-à-dire prenant en compte des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance en plus de critères financiers. Les initiatives en matière de finance durable sur les PEE se multiplient également.
Désormais, il est possible de faire en sorte que l’intéressement du salarié dépende non seulement des finances de l’entreprises mais aussi de ses performances au regard d’objectifs ESG.
Sachez que l’investissement en finance responsable sur ces supports devrait être encore plus accessible à l’avenir car la loi Pacte rend obligatoire la proposition d’au moins un support bénéficiant d’un label à caractère ISR, solidaire ou climat sur un contrat d’assurance-vie, un PEE et un PERCO.
Vous pouvez également investir dans la finance responsable en investissant en direct dans des sociétés du secteur, par exemple dans des entreprises positionnées sur les énergies alternatives ou bien dans des entreprises du secteur social et solidaire. Il est également possible via le crowdlending de soutenir ce type de sociétés en leur prêtant des sous via une plateforme de financement participatif.
Qu’est-ce que l’ISR ?
L’ISR (Investissement Socialement Responsable) consiste à faire peser sur la sélection de valeurs, en plus des critères financiers, des critères extra-financiers que sont l’environnement, le social et la gouvernance (les fameux critères ESG). Il s’agit finalement d’appliquer la notion de développement durable à la finance.
Quels sont les avantages à investir dans l’ISR ?
Privilégier la finance durable, c’est donner du sens à son épargne et investir dans des entreprises et des projets qui font sens. Mais c’est aussi un moyen de booster le rendement de son portefeuille car les critères extra-financiers de l’ISR constituent un facteur de surperformance comme cela a pu être démontré par de nombreuses études ces dernières années.
Comment investir dans l’ISR ?
La finance durable est présent sur de très nombreux supports d’investissement, rendant l’investissement socialement responsable abordable pour tout un chacun : livret bancaire, mais aussi fonds d’investissement, produits structurés, titres vifs, sont autant de moyens de miser sur cet investissement durable et vertueux. Les supports en unités de compte de l’assurance vie doivent désormais comporter au moins un fonds labellisé ISR.

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Clémence Tanguy |
Responsable Editoriale – Café de la Bourse
Après des études littéraires et une double formation en communication à la Sorbonne et au CELSA, Clémence Tanguy a travaillé à la SNCF et au Conseil Général des Hauts-de-Seine avant d’intégrer l’équipe de Café de la Bourse en 2015. Elle est en charge des sujets relatifs à l’actualité macro-économique, aux crypto-monnaies, aux produits financiers, aux finances personnelles et à l’investissement en général, avec une approche pédagogique et pragmatique.
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