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Bourse
Par Johann Corric
Publié le 25/04/2020 à 07:20 – Mis à jour le 25/04/2020 à 07:20
Vous êtes bloqué chez vous. Peut-être en chômage partiel, vous disposez de temps et sans doute même d’un surplus d’épargne en cette période où les possibilités de consommer sont réduites au minimum.
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Et dans le même temps, la Bourse a violemment chuté. Tombant de ses plus hauts de 12 ans vers des prix bien plus abordables. Cette conjonction de facteurs vous pousse à réfléchir : et si j’en profitais pour me lancer en Bourse ?
Vous ne seriez en tout cas pas le premier à sauter le pas.
«Sur les quatre premiers mois de l’année, nous constatons une multiplication par cinq du nombre d’ouvertures de comptes Bourse», se réjouit Xavier Prin, directeur marketing de Boursorama. Même constat chez Degiro, qui a augmenté son nombre de comptes clients de plus de 40% sur un an au premier trimestre.
En mars, «Fortuneo a enregistré six fois plus d’ouverture de compte qu’à la même époque de l’an dernier. Et la tendance ralentit à peine en avril», complète Grégory Guermonprez, directeur de la banque en ligne. «Nous constatons une multiplication par 3,5 du nombre de nouveaux comptes sur les premières semaines d’avril», confirme Fabien Keryell, directeur général de Saxo Bank France.
Ces nouveaux investisseurs en actions sont souvent plus jeunes et moins fortunés que ceux qui étaient déjà actifs chez ces courtiers avant la crise. «La moyenne d’âge des nouveaux clients est de 38 ans en mars et ils investissent en moyenne 8.000 euros en Bourse, contre un âge moyen de 50 ans et 50.000 euros de patrimoine pour nos clients historiques», constate Grégory Guermonprez.
Chez Saxo Bank, Fabien Keryell constate «un regain d’activité à la fois chez les spéculateurs qui espèrent profiter de la hausse de la volatilité que de la part d’épargnants plus prudents, à la recherche de rendements sur le long terme».
La Bourse, ça n’est peut-être pas que pour les autres. Avant de vous expliquer comment faire vos premiers pas sur les marchés, rappelons toutefois que l’investissement en actions est une affaire sérieuse qui nécessite du temps et de l’attention.
Surtout, ne placez en Bourse que l’argent dont vous n’aurez pas besoin avant au moins cinq ans. Acheter des titres de sociétés cotées est historiquement un placement rentable, de l’ordre de 4-5% par an. Mais, comme l’illustre le récent krach boursier, de fortes variations de court terme peuvent vous faire perdre beaucoup d’argent si vous êtes obligés de vendre à ce moment-là.
Enfin, la Bourse n’est pas un gigantesque casino. A moins d’être un investisseur averti, ne tentez pas des coups sur de petites actions ultra-spéculatives ou sur des produits à effet de levier. Au contraire, diversifiez vos placements !
Ces mises en garde faites, et si vous souhaitez toujours devenir actionnaire d’une entreprise cotée, plusieurs solutions s’offrent à vous.
La plus évidente, et peut-être la plus simple, est d’ouvrir un compte Bourse (PEA ou compte-titres, voir plus bas) auprès de votre banque actuelle.
Rendez-vous dans votre espace particulier, la marche à suivre devrait vous être indiquée. Chez La Banque Postale, il faut par exemple se rendre dans l’onglet «souscrire» puis «épargne et placement» et enfin «placements financiers».
Dans la plupart des grands réseaux, ces démarches devraient pouvoir se faire entièrement en ligne.
Cette solution a toutefois un inconvénient. Les tarifs (frais de courtage, frais de garde etc.) pratiqués par les banques traditionnelles sont relativement élevés, par rapport à ce que facturent les acteurs en ligne.
Selon l’Autorité des marchés financiers (AMF), en août dernier elles ponctionnaient en moyenne 0,54% de frais pour un ordre de 5.000 euros, contre 0,17% pour les intermédiaires uniquement sur Internet.
Et les grandes banques prélèvent généralement des frais de garde (0,66% en moyenne pour 10.000 euros investis), ce qui n’est pas le cas chez les courtiers en ligne.
L’ouverture d’un compte auprès d’une banque en ligne est rapide et peut généralement être réalisée entièrement sur Internet, y compris pour l’envoi des pièces justificatives (qui peuvent être scannées) ou pour la signature du contrat (qui est électronique). Pas besoin de bouger de votre canapé !
Certains courtiers en ligne proposent en outre des services d’aide à la prise de décisions (conseils boursiers de journaux spécialisés, lettres d’informations, formations en ligne etc.).
Prévoyez un délai allant de quelques jours à deux semaines avant que votre compte soit actif. «En moyenne, il faut quelques jours pour un nouveau client et c’est quasiment instantané pour un investisseur qui possède déjà un compte bancaire chez Boursorama», précise Xavier Prin.
Quel que soit l’intermédiaire que vous choisirez, vous devrez passer par une étape obligatoire et un peu fastidieuse : le remplissage du questionnaire de connaissances et d’expérience boursières.
Ce formulaire est imposé par la réglementation. Remplissez-le avec soin. De vos réponses, dépendront les produits financiers sur lesquels vous pourrez investir (si vous ne savez pas ce qu’est un warrant, vous n’y aurez probablement pas accès). Il est possible de «refaire» ce questionnaire à tout moment.
Enfin, avant de vous lancer, vous devez choisir l’enveloppe fiscale dans laquelle vous souhaitez loger vos actions.
Le plan d’épargne en actions (PEA) est à privilégier. Cinq ans après son ouverture, tous les gains (plus-values, dividendes) sont exonérés d’impôts sur le revenu (mais pas de prélèvements sociaux).
Le PEA est toutefois plafonné à 150.000 euros et il ne permet pas d’investir dans des sociétés dont le siège social est hors de l’Union européenne (Total, Air Liquide, BNP Paribas, Airbus, Société Générale, Crédit Agricole, LVMH ou L’Oréal font partie des milliers de titres accessibles).
Si vous souhaitez acheter des actions Netflix, Amazon ou Google il faudra opter pour le compte-titres, moins intéressant fiscalement.
L’achat d’actions en direct vous semble trop compliqué et/ou trop chronophage ? Dans ce cas, vous pouvez investir en Bourse via des fonds ou des trackers (qui répliquent la performance d’un indice boursier).
Prenez toutefois garde aux frais, qui peuvent s’élever à 2% par an pour certains fonds et rogner fortement la performance de votre investissement. Ils sont nettement plus modérés sur les trackers.
L’investissement dans des fonds peut se faire par le biais d’un PEA ou d’un compte-titres mais aussi via les unités de compte de l’assurance vie.
Si vous ne possédez pas de contrat d’assurance vie, vous pouvez là aussi en ouvrir un sans bouger de chez vous auprès de nombreux acteurs en ligne.
Privilégiez un contrat récompensé par Le Revenu. Dans tous les cas, contrôlez bien les frais mais aussi l’offre de produits boursiers proposés (quels fonds sont en «catalogue» ? Y a-t-il des trackers ? Combien ? etc.).
Votre compte (PEA, compte-titres, contrat multisupport d’assurance vie) est ouvert ?
Avant de vous jeter sur la première action (ou fonds) venue, consultez nos nombreux articles pédagogiques sur la Bourse : Qu’acheter pour quel profil ? Comment acheter ou vendre une action ? Qu’est ce qui fait monter ou baisser un titre ? Comment valoriser une action ? Que faire face aux turbulences ? etc.
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