Le Livret A et le Livret développement durable et solidaire (LDDS, ex LDD) sont en quelque sorte des faux jumeaux de l’épargne réglementée. Même taux de rémunération jusqu’au 31 janvier ou depuis le 1er février 2025, mêmes intérêts non imposables, même exonération de prélèvements sociaux… Qu’est-ce qui différencie le Livret A et le LDDS en 2025 ?  
Toute personne respectant les conditions d’ouverture d’un Livret A et d’un LDDS (ex-LDD) en 2025 peut souscrire ou détenir chacun de ces deux livrets d’épargne défiscalisée dans l’ensemble des réseaux bancaires classiques :
Livret A et LDD solidaire ne sont pas proposés dans des néobanques et banques mobiles de type n26, Revolut ou Trade Republic.
La Banque Postale, filiale bancaire de La Poste et acteur historique de la collecte du Livret A, doit respecter une mission de service public (la loi de modernisation de l’économie 2008), c’est à dire d’accessibilité bancaire. Elle est contrainte d’ouvrir un Livret A à toute personne qui en fait la demande et d’effectuer gratuitement sur ce livret les dépôts et retraits à partir de 1,50 euro contre 10 euros pour les autres établissements bancaires, ainsi que certains prélèvements. Cette règle ne s’applique pas au LDDS.
Cette épargne réglementée signifie également que le taux du Livret A, comme celui du LDDS, est fixé par le gouvernement français. Ce dernier se fonde sur la recommandation de la Banque de France pour fixer la rémunération des livrets, laquelle s’appuie sur deux paramètres :
Le gouvernement opte pour le plus élevé des deux mais n’est pas obligé de suivre le résultat. Il peut en effet décider de donner un « coup de pouce » au rendement afin de favoriser le pouvoir d’achat ou protéger l’épargne des Français contre l’inflation, ou encore de fixer un taux plus bas que celui donné par la formule de calcul.
Cette formule de calcul du taux du Livret A, est entrée en vigueur (décret du 14 juin 2018) et produit ses effets depuis le 1er février 2020.
Entre Livret A et LDDS, lequel rapporte le plus ? Les deux ou aucun des deux, puisque leur taux de rémunération est identique. Le taux du Livret de développement durable et solidaire (LDDS) est en effet calqué sur celui du Livret A, comme le prévoit la réglementation bancaire. Lors de chaque révision du taux de rémunération du Livret A, cet alignement est officialisé par un avis ou un arrêté du ministère de l’Économie.
Le taux de rémunération est fixé pour ces deux livrets :
Ces taux s’appliquent consécutivement aux hausses du taux du Livret A décidées par le gouvernement, qui ont également concerné le LDDS aux mêmes dates. Ces relèvement du taux d’intérêt annuel interviennent après deux années durant lesquelles le taux a atteint son plus bas historique, à 0,50%, du 1er février 2020 au 31 janvier 2022.
Outre le mode de calcul du taux, les intérêts engrangés par le Livret A et LDDS sont calculés de la même manière : par quinzaine civile, du 1er au 15 et du 16 au 30/31 du mois… > En savoir plus sur le calcul des intérêts des livrets bancaires
Une fiscalité dérogatoire s’applique au Livret A comme au LDDS. Les deux livrets font partie de la famille des produits d’épargne réglementée qui jouit d’un régime spécifique. A ce titre, les intérêts perçus au 31 décembre de chaque année sont totalement non imposables : pas de prélèvements sociaux, pas d’imposition au barème de l’impôt sur le revenu.
Du fait de cette exonération fiscale, les intérêts des Livrets A comme ceux des LDDS n’ont pas à être reportés dans la déclaration de revenus.
Le prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 30% sur les revenus du capital, ou flat tax, en vigueur depuis l’année 2018, ne s’applique pas non plus ni au Livret A, ni au LDDS.
À noter qu’une personne physique ne peut disposer personnellement que d’un seul Livret A et d’un seul LDDS, en raison de la défiscalisation des intérêts.
Si à bien des égards, les deux livrets défiscalisés semblent posséder des caractéristiques identiques, ils ne concernent pas les mêmes publics.
Les conditions d’éligibilité ne sont pas les mêmes : pour pouvoir ouvrir un Livret développement durable et solidaire, il faut être majeur et avoir élu domicile fiscal en France. Inversement, un mineur peut, dès sa naissance, devenir bénéficiaire d’un Livret A sans avoir à certifier sa qualité de contribuable ayant son domicile fiscal en France. > Lire l’article : Livret A, assurance vie : quel est le meilleur placement à ouvrir à la naissance d’un bébé ?
L’une des principales différences entre les deux livrets porte sur le montant minimum de dépôt à l’ouverture. Dans les banques traditionnelles, il suffit d’un versement initial de 10 euros seulement pour ouvrir un Livret A, un minimum imposé par la réglementation. Le versement initial est identique à l’encours minimum que doit détenir un client sur son compte pour éviter sa clôture.
La loi n’impose aucun montant minimum à l’ouverture d’un LDD solidaire. Cependant, il faut généralement 15 euros pour souscrire à un LDD solidaire. Tout dépend des conditions contractuelles de chaque banque. Certaines banques comme la Caisse d’Épargne présentent des conditions identiques au Livret A : 10 euros minimum pour ouvrir un LDDS.
Le plafond de versements actuel est fixé :
Ces montants maximum de dépôts ont été modifiés en 2012-2013 sur décision de François Hollande.
Il est possible de détenir plus d’argent que ces plafonds de dépôts sur chacun de ces comptes d’épargne, grâce à l’accumulation des intérêts.
Le nombre de comptes ayant atteint le plafond de dépôts est différent selon les deux produits. Ainsi, à fin 2023 :
Cette différence s’explique notamment par l’important écart entre les deux plafonds, celui du LDD solidaire étant singulièrement plus bas, donc plus facile à atteindre (12.000 euros versus 22.950 euros).
Que se soit au titre du Livret A ou du LDDS, l’épargne collectée par les banques est affectée de la même manière :
La collecte des établissements bancaires est centralisée à 59,5% par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) dans un fonds d’épargne dont l’encours était réparti de la façon suivante au 31 décembre 2023 (source CDC) :
Le LDD a été renommé LDDS (Livret de développement durable et solidaire) le 1er janvier 2017, en application de la loi Sapin 2 votée en novembre 2016. Ce texte prévoit la possibilité d’une affectation par le détenteur d’un LDDS à un ou plusieurs organismes l’économie sociale et solidaire (ESS, la plupart du temps des associations d’intérêt général ou d’aide aux personnes en difficultés) d’une partie de son livret d’épargne, capital et ou intérêts, sous la forme d’un don. Cette possibilité n’existe pas pour le Livret A.
A noter : cette disposition est applicable depuis le 1er octobre 2020.

Certaines banques acceptent l’utilisation d’un compte épargne pour le paiement des impôts, mais uniquement par prélèvement sur le Livret A. Ce principe n’est pas autorisé pour le LDDS ni pour tout autre livret.
Détenir un Livret A et un LDDS en même temps est parfaitement légal. Comme cela est autorisé, on peut ainsi déposer, par personne :
Ainsi, lorsque son Livret A est plein, on peut ouvrir un LDD solidaire pour y faire dépôts, et inversement. Ces livrets rapportant davantage que les fonds euros des contrats d’assurance vie actuellement, on peut les privilégier pour y déposer son argent en tant que placement à court terme.
Remplir son Livret A et son LDD solidaire est considéré comme excessif, la plupart des professionnels du conseil financier recommandant de disposer l’équivalent de 3 à 6 mois de salaire en épargne disponible à tout moment sur des livrets réglementés, pas davantage (le double pour un travailleur indépendant). Cependant, la situation actuelle se prête à un remplissage du Livret A et du LDDS, au-delà de leur usage habituel consistant à faire face à un coup dur, à une : dépense imprévue :
Comment épargner autrement qu’avec un Livret A ou un LDD solidaire ? Les alternatives au moins aussi rémunératrices à capital garanti sont rares. Les jeunes âgés de moins de 26 ans peuvent ouvrir un Livret Jeune : dans certaines banques, le taux de rémunération est supérieur à celui du Livret A et du LDDS. Mais on ne peut y déposer que 1.600 euros.
Quand on dispose de revenus faibles ou modérés, la meilleure alternative consiste à ouvrir un livret d’épargne populaire (LEP) : sa rémunération est plus élevée que celle du Livret A et du LDDS (4% jusqu’en janvier 2025, 3,5% depuis le 1er février 2025).
Deux bémols :
Si la limite est dépassée, le LEP doit être fermé.
Le plan d’épargne logement (PEL) est quant à lui moins rémunérateur que le Livret A et le LDDS, y compris, dorénavant, s’il a été ouvert au plus tard le 31 janvier 2015 (seuls les très anciens PEL, ouverts avant 1997, demeurent plus rentables que le Livret A et le LDDS à 3%). Le PEL demeure moins intéressant, d’autant plus compte tenu de la baisse de son taux de rémunération de 2,25 à 1,75%, au 1er janvier 2025.
Les comptes sur Livret imposables (CSL) sont quant à eux généralement beaucoup moins rentables, sauf temporairement pendant certaines offres promotionnelles de bienvenue.
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TL;DR : Le Livret A et le Livret développement durable et solidaire (LDDS, ex LDD) sont en quelque sorte des faux jumeaux de l’épargne réglementée. Même taux de rémunération jusqu&r…

Points clés

  • Le Livret A et le Livret développement durable et solidaire (LDDS, ex LDD) sont en quelque sorte des faux jumeaux de l’épargne régleme…
  • Même taux de rémunération jusqu’au 31 janvier ou depuis le 1er février 2025, mêmes intérêts non imposables, même exonération de prélèv…
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