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ORTHOGRAPHE – La formule est souvent employée lorsque l’on souhaite prévenir autrui d’un danger, ou du moins, le menacer. Mais quelle orthographe faut-il utiliser ? Le Figaro revient sur son bon usage.
«Mais un jour, jour qui arrivera avant peu, le peuple recommencera la troisième révolution; gare aux têtes, gare aux ruisseaux de sang.» L’avertissement est signé Flaubert. Dans ses Correspondances, l’auteur et père de Madame Bovary se veut un lanceur d’alerte. Il menace. Mieux, il met en garde. Près de deux siècles après ses mots, l’expression est toujours entendue. Mais qu’en est-il de son orthographe? Aujourd’hui la formule se rencontre parfois sous deux formes: «gard à toi» et «gare à toi». Laquelle est correcte?
À en juger les nombreuses conversations qui fourmillent sur la Toile, il semblerait que les deux écritures soient exactes. Toutefois, la quantité ne faisant pas foi de qualité, gardons-nous de nous y fier. Car en réalité, ainsi que l’indique Le Trésor de la langue française, il n’y a qu’une orthographe qui vaille. Et ce, depuis le XIIe siècle, date de la création de la fameuse formule. «Gare» est en effet attesté en 1165 sous la forme «guar». Il était une variante de la locution «prends garde». Et voilà tout le nœud du problème.
Car le mot «garde», au XIIe siècle, peut se prononcer «gard». On a ainsi pu lancer des «prends gare» en voulant dire «prends garde». Le Trésor de la langue française précise: «Gare est une forme abrégée pour l’impératif garde! (du verbe garder) qui a été rattachée par étymologie populaire à garer.» Il est donc probable que l’homonymie des verbes ait créé une confusion.
À l’oral, certes, mais pas à l’écrit. D’aussi loin que l’on puisse remonter dans Le Dictionnaire de l’Académie française, Le Trésor de la langue française ou Le Petit Robert et Le Petit Larousse, aucun thésaurus n’atteste une écriture comme «gard à toi». On trouve les formes «Dieu me gard», «Et gard d’ennuy et de misere Voz gens et vostre compaignie!» dans des Chroniques du XIVe siècle. Mais c’est tout! La formule correcte est donc «Gare à toi».
À noter que cette construction avec l’interjection «gare» n’est pas unique. On la retrouve également dans la formule «sans crier gare», qui signifie «sans prévenir».
Si l’on veut employer le verbe «prendre» avec la formule «gare à toi», il faut écrire «prends garde», «prenez garde». Il s’agit ici, comme le note Le Petit Robert, d’une locution exclamative prononcée en guise d’avertissement, de menace. Exemple: «Prends garde, Nozière, prends garde : la femme est perfide», (Anatole France, La Vie en fleur,1922). Vous voilà prévenus!
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«Gare ou gard à toi» : ne faites plus la faute !
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  • Mais quelle orthographe faut-il utiliser ?
  • Le Figaro revient sur son bon usage.
  • «Mais un jour, jour qui arrivera avant peu, le peuple recommencera la troisième révolution; gare aux têtes, gare aux ruisseaux de sang.
  • » L’avertissement est signé Flaubert.