C’est l’heure du bilan pour le millésime 2021 de l’assurance vie. Un état des lieux plutôt flatteur pour le placement préféré des Français, qui a bénéficié d’une collecte nette (versements – rachats et décès) représentant la bagatelle de 23,7 milliards d’euros, selon les statistiques dévoilées par France Assureurs, mercredi 30 mars. Si un tel exercice confirme l’attrait de l’assurance vie, et ses 1.876 milliards d’euros d’encours à fin 2021, c’est davantage du fait de la sécurité et de la liquidité qu’offre ce placement que par le rendement qu’il sert. Et pourtant, avec une rémunération moyenne (pondérée par l’encours) de 3,10%* l’an passé, toujours selon France Assureurs, l’assurance vie a fait mieux que protéger le pouvoir d’achat des 18 millions de Français détenteurs d’un contrat, puisque l’inflation s’est dans le même temps élevée à 1,60% d’après les calculs de l’Insee. Résultat : une rentabilité moyenne brute de 1,50% pour l’heureux souscripteur d’un contrat, en 2021.
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Voici pour la photographie globale, sans nuances, qui mérite toutefois quelques bémols. Car selon les choix que vous avez faits au moment de la souscription de votre contrat, la performance est plus ou moins au rendez-vous. En voici l’illustration avec cinq chiffres marquants de l’assurance vie en 2021, des données clés pour comprendre les moteurs du rendement de votre contrat.
1,30% de rendement pour le fonds euros
C’est la preuve que l’assurance vie n’est pas un placement gagnant à tous les coups. En 2021, le fonds euros d’un contrat a, en moyenne, rapporté 1,30%. Soit moins que l’inflation, et ce, avant fiscalité. Une moyenne qui cache de fortes disparités selon les assureurs, puisque la performance tombe en dessous de 1% pour la plupart des fonds euros classiques proposés par les banques (voire bien en deçà pour certains), mais peut atteindre un maximum de 2,75% sur le support garanti du contrat Garance Épargne.
Rien d’illogique à cette rémunération qui semble bien faible à première vue. En 2021, selon les statistiques de France Assureurs, un fonds euros était en moyenne constitué de 73,5% d’obligations. Or Covid et soutien monétaire des Banques centrales oblige, les taux obligataires se sont bien souvent inscrits dans le rouge en 2020 et 2021. Si bien que les nouvelles obligations souscrites par les assureurs pour remplacer les anciennes n’ont que très peu rapporté. Une conjoncture qui a donc pesé sur le rendement du fonds euros.
9% de performance pour les supports risqués
La formule n’est pas nouvelle : il n’y a pas de rendement sans risque. Et le millésime 2021 n’échappe pas à la règle. Ainsi, pour les supports en unités de compte (UC), sur lesquels le risque est supporté par l’épargnant – contrairement au fonds euros où l’assureur garantit le capital -, la performance a grimpé à 9%. Un an plus tôt, elle se limitait à seulement 1,1%. Principale raison de ce grand écart ? Les marchés financiers. Après une correction marquée en 2020 (-7,14% pour le CAC 40), ils ont retrouvé des couleurs en 2021 (+28,85% pour l’indice parisien). Une bonne santé qui s’est traduite dans les unités de compte actions, notamment. De leur côté, les UC immobilières, à l’image des SCPI et leur rendement moyen de 4,45%, ont très bien résisté à une période pourtant annoncée noire pour la “pierre papier”.
39% des encours investis exclusivement sur le fonds euros
Vous l’aurez compris : être investi sur le fonds euros en 2021 s’est avéré bien moins rentable que d’avoir fait le choix des unités de compte. Sept fois moins exactement, soit le rapport entre la performance moyenne des UC (9%) et celle du support garanti (1,30%) ! Un constat qui pourrait laisser penser qu’une écrasante majorité de Français ont fait le choix de se positionner sur les unités de compte. Et pourtant, 39% des encours de l’assurance vie sont placés exclusivement sur un fonds euros. Autant d’épargne rémunérée à un taux inférieur à l’inflation en 2021.
Mais si la préférence des Français pour la sécurité est indéniable, cette aversion au risque s’estompe peu à peu. “La part des cotisations investies intégralement en fonds euros baisse : 23% en 2021 après 36% en 2019”, constate France Assureurs. Les épargnants ne misent donc plus seulement sur la garantie, mais veulent aussi une rémunération décente. Sans compter qu’ils n’ont, pour une majorité d’entre eux, plus le choix. La plupart des assureurs imposent désormais un pourcentage minimum d’unités de compte – 30% ou 40% généralement – pour toute souscription sur le fonds euros. Résultat global : ce sont bien les unités de compte qui ont fait le plein en 2021, avec une collecte nette de 34,7 milliards d’euros, le fonds euros essuyant quant à lui des retraits nets de l’ordre de 11 milliards d’euros. Une tendance qui se poursuit en 2022, puisque “sur les deux premiers mois de l’année, la collecte nette s’élève à 5,9 milliards d’euros (…). En unités de compte, elle s’établit à 7,6 milliards d’euros, niveau record”, pointe France Assureurs dans un communiqué publié jeudi 31 mars. Le fonds euros, lui, “décollecte” encore, à -1,7 milliard, sur la même période.
31% des cotisations en gestion pilotée
La prise de risque a rapporté plus que le placement garanti en 2021, certes. Mais nombreux sont les épargnants à ne pas pouvoir assumer la volatilité des marchés financiers et à redouter de faire les mauvais choix de supports. Fort heureusement pour eux, lorsqu’il s’agit de gérer le risque, la gestion libre – où l’assuré sélectionne lui-même l’allocation du contrat parmi les actifs proposés – n’est pas la seule option. La gestion pilotée, parfois également appelée gestion sous mandat ou gestion déléguée, il vous suffit de choisir un profil de risque (par exemple prudent, équilibré ou dynamique) puis… c’est fini. Le gestionnaire du contrat, généralement une société de gestion, s’occupe du reste, à savoir de définir l’allocation qui convient le mieux à vos critères (horizon de placement, profil de risque) et effectue lui-même les arbitrages. Le tout moyennant quelques frais supplémentaires.
Mis en avant par les distributeurs de contrats, ce type de gestion s’est considérablement démocratisé en quelques années. Ce sont ainsi près d’un tiers (31%) des cotisations sur les contrats d’assurance vie qui se sont faites via ce canal en 2021, contre encore seulement 18% en 2019, selon France Assureurs. Cette transformation des usages, favorable à la souscription d’unités de compte, participe fortement au rééquilibrage progressif entre le poids du fonds euros et celui des UC, ces dernières représentant 27% de l’encours de l’assurance vie en 2021, contre 23% deux ans plus tôt.
1er juin 2022 : tous les frais présentés clairement aux épargnants
Diversifier l’allocation de votre assurance vie peut être opportun. Mais encore faut-il choisir le bon contrat. Dans cette optique, si votre analyse ne doit pas se limiter aux seuls frais, il convient de les limiter au maximum. Pour ce faire, une solution : faire jouer la concurrence. Une stratégie quasi impossible jusqu’à présent, ces données étant la plupart du temps illisibles, car tout simplement absentes de la documentation fournie au prospect ou disséminée parmi plusieurs dizaines de pages. Ce flou savamment orchestré devrait se dissiper très prochainement. En effet, à partir du 1er juin 2022, les assureurs et distributeurs d’assurances vie devront publier sur leur site internet un tableau regroupant l’ensemble des prélèvements (frais d’entrée, de gestion, du contrat, du support, d’arbitrages…). Vous n’aurez dès lors plus de difficultés à comparer les frais de chaque contrat, pour sélectionner l’enveloppe la plus adaptée à vos besoins.
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*Rendement net de frais de gestion, mais avant prélèvements sociaux (17,2%) et fiscalité éventuelle.
Comparez votre salaire avec celui des français.
Le salaire mensuel net est invalide
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